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LA GUERRE DU RIF
La guerre du Rif (1921-1926) a été particulièrement sanglante. C'est aussi un conflit oublié, voire occulté par l'histoire officielle.
Une armée venue sauver, avec la bénédiction du sultan de Rabat, les militaires espagnols d'un désastre pour mater la rébellion républicaine et sécessionniste des Berbères du Rif.
Point d'orgue de l'éphémère "pacification" de l'empire colonial français dans le Maghreb, elle est aussi une sorte de répétition générale et moderne des pages les plus sanglantes de l'époque des "indépendances" qui solderont diplomatiquement la deuxième guerre mondiale.
Cette guerre continue par ailleurs de générer de très importantes conséquences diplomatiques entre les trois pays qui en ont été les acteurs directs : le Maroc, la France et l'Espagne. L'Algérie voisine, ancien département français, est également indirectement concernée par ce conflit dont la tradition orale alimente l'irrédentisme des Kabyles, liés aux Berbères du Rif par une fraternité tribale toujours vivace.
Si Paris et Rabat continuent d'afficher une "éternelle lune de miel", selon l'expression d'un diplomate français, la guerre du Rif a durablement altéré les relations entre le Maroc et l'Espagne. Relations toujours empreintes de méfiance, voire d'hostilité (incident militaire de l'îlot Perejil en 2002, accusations espagnoles contre le Maroc après les attentats de Madrid en mars 2004, problème du Sahara-Occidental).
Enfin, et surtout, derrière le fracas des armes et les complots de chancelleries, la guerre du Rif a également été décisive pour deux hommes qui auront marqué le XXème siècle: le Français, Philippe Pétain, et l'Espagnol, Francisco Franco.
Tous deux profondément catholiques, c'est en terre d'Islam qu'ils ont scellé leur destin exceptionnel. Sans guerre du Rif, le vainqueur de Verdun ne serait jamais devenu ambassadeur de la République à Madrid puis chef de l'Etat français. Et, sans guerre du Rif, le Caudillo n'aurait pas pu étreindre d'une main de fer le royaume d'Espagne pendant 36 ans.
Deux autres personnages hors du commun feront l'objet d'un puissant éclairage : le chef berbère Abdelkrim Khatabi, éphémère dirigeant de la République du Rif, redoutable tacticien et icône toujours brillante de la scène tiers-mondiste, et le Maréchal de France, Louis Lyautey.
Architecte d'une audacieuse politique coloniale, la stèle sous laquelle reposait sa dépouille à Rabat porte cette édifiante épitaphe: "Louis Hubert Gonzalve Lyautey, premier résident général de France au Maroc, profondément respectueux des traditions ancestrales et de la religion musulmane gardée et pratiquée par les habitants du Maghreb auprès desquels il a voulu reposer".
Observateurs attentifs et également respectueux du Maroc, l'un comme avocat, l'autre comme journaliste, Vincent Courcelle-Labrousse et Nicolas Marmié bénéficient dans leur entreprise de nombreux relais, historiques, politiques et logistiques dans le royaume pour reconstituer ce passionnant récit.
En mêlant des images d'archives, des scènes actuelles de la région montagneuse du Rif et les témoignages de ses ombrageux habitants longtemps écartés d'une histoire officielle qui tente désormais de les réconcilier avec la monarchie chérifienne, ce documentaire veut être le jalon d'une histoire niée car, peut-être, trop lourde d'enjeux contemporains.
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Production En cours d'écriture |
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